Un nouveau statut pour faire des étudiants cambodgiens des entrepreneurs
Date de publication : 1 juin 2026

Les 25 et 26 mai 2026, l’Institut de Technologie du Cambodge (ITC) a accueilli un atelier de dissémination du Statut National d’Étudiant‑Entrepreneur (SNEE). Ce nouveau cadre, porté par le ministère de l’Éducation et ses partenaires, veut accélérer l’entrepreneuriat dans les universités cambodgiennes.
Vers un cadre national pour l’entrepreneuriat étudiant
Pendant deux jours, plus de 60 participants issus de 24 institutions – universités, incubateurs, experts, acteurs publics et privés – se sont réunis à l’ITC pour découvrir et s’approprier le SNEE. Officiellement adopté par le Prakas n° 78 AYK.SSR du 24 décembre 2025, ce statut permet aux étudiants de développer un projet entrepreneurial tout en poursuivant leurs études, avec un accompagnement structuré.
Le SNEE propose un parcours en trois niveaux : développement de l’esprit entrepreneurial et génération d’idées, innovation et prototypage avec validation de marché, puis création et développement opérationnel de startups. Les participants y voient une manière progressive de guider les étudiants, de la première idée jusqu’à la création d’entreprise.
Le rôle moteur de l’AUF et du programme ENTREPRENDRE
L’atelier s’inscrit dans le « Programme ENTREPRENDRE au Cambodge », porté par le ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports (MEJS), mis en œuvre par l’ITC et soutenu par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF).
Pour M. IM Kravong, représentant du bureau national AUF‑Cambodge, l’entrepreneuriat étudiant est « bien plus qu’une simple opportunité économique » : il constitue « un véritable levier d’innovation, de créativité et d’employabilité pour la jeunesse ». Il se félicite des « résultats très positifs » de ces deux journées, qui ont permis aux participants de mieux comprendre le SNEE et d’envisager sa mise en œuvre dans leurs établissements.
Des bénéfices concrets pour les universités et les étudiants
Sur le terrain, les attentes sont fortes.
M. Chhy Sothea, Chef adjoint de la Faculté d’Agroéconomique et Développement rural, Université royale d’Agriculture
“C’est une belle occasion pour les étudiants d’acquérir de nouvelles connaissances, en particulier en entrepreneuriat, en créativité, en conception d’idées d’affaires et en préparation de plans d’affaires. Ils apprendront à réaliser une étude de marché et à entreprendre les démarches nécessaires pour produire et commercialiser leurs produits. Deuxièmement, ils auront l’occasion d’entrer en contact avec différents partenaires commerciaux afin d’élargir leurs perspectives professionnelles. Troisièmement, ils pourront obtenir des financements de la part d’organisations ou d’entreprises intéressées, qui investiront avec eux pour développer le marché de leurs produits. À mon avis, ce sera une excellente opportunité pour les étudiants de s’inscrire à ce nouveau programme.”
Mlle Keo Kanitha, Université national de Management (NUM)
“Pendant les deux jours de l’atelier de dissémination, j’ai beaucoup appris sur le Statut National d’Étudiant‑Entrepreneur (SNEE). Durant l’atelier, il y a eu des discussions en groupe sur les impacts et les solutions propres à chaque établissement en lien avec l’entrepreneuriat, ainsi que sur la mise en place de programmes de formation entrepreneuriale pour introduire le SNEE dans chaque institution.
Je trouve que cet atelier de deux jours est vraiment important pour les universités et les institutions d’enseignement, car l’entrepreneuriat joue un rôle majeur aussi bien dans les communautés que dans le pays tout entier.”
À NUM, des actions sont déjà engagées, mais elle repart avec des « points manquants » à rapporter à sa direction pour améliorer les formations et mieux introduire le SNEE.
Adapter les dispositifs et protéger l’innovation
Les discussions ont insisté sur la nécessité d’intégrer l’entrepreneuriat dans les cursus existants : modules dédiés, reconnaissance de projets comme alternative au stage, formations hybrides et multidisciplinaires, projets pratiques, hackathons, compétitions de startups et mentorat.
Dr SANG Davin, chef du Centre d’Incubation Techno (TIC) à l’ITC, rappelle que l’un des objectifs est aussi de sensibiliser à la propriété intellectuelle, afin que « les étudiants et chercheurs sachent protéger leurs droits avant de démarrer leurs projets ».
Un volet spécifique a ainsi été consacré à la propriété intellectuelle, avec l’intervention de Fabrice PERRONO, Conseiller régional en Propriété Intellectuelle pour l’ASEAN et l’Inde, représentant de l’INPI, sur les enjeux de protection et de valorisation des innovations.
Vers une culture entrepreneuriale sur les campus
À l’issue de l’atelier, plusieurs recommandations ont été formulées : élaboration de plans institutionnels de mise en œuvre du SNEE, renforcement des capacités en entrepreneuriat et en propriété intellectuelle, et développement de partenariats université‑industrie. Les organisateurs souhaitent désormais impliquer davantage les directions universitaires, afin qu’elles dotent leurs établissements de pôles d’entrepreneuriat et de dispositifs de soutien aux projets étudiants.
M. IM Kravong, représentant du bureau national AUF-Cambodge
« Pour la suite, nous allons avoir avec le ministère de l’éducation de la jeunesse et des sports pour avoir si possible une réunion avec les directions universitaire au moins les direction universitaire membre de l’AUF pour que les recteurs/directeurs ont compris l’importance aussi la nécessité de ce SNEE afin qu’ils puissent trouver ls moyens pour mettre en place de SNEEE dans les établissements d’enseignement supérieur. »
Cette étape de dissémination du SNEE apparaît ainsi comme un jalon important vers l’émergence d’une véritable culture entrepreneuriale dans les universités cambodgiennes, où les idées des étudiants seront encouragées à se transformer en solutions au service du développement économique et social du pays.



